FAQ

Foire aux questions

Crédit photographique : FDC48

En France, c’est le réseau multipartenarial Loup-lynx, piloté par l’ONCFS, qui suit la population de loups et en fait une estimation chaque année à l’issue du suivi hivernal. Consultez les dernières estimations ici.

Depuis que les loups se sont réinstallés en France, ils vivent principalement dans les Alpes. Cependant, la zone de colonisation s’étend, notamment dans le Massif central, les Vosges, les Pyrénées ou le Nord-Est. Consultez la carte de répartition du loup et le portail de l’ONCFS qui répertorie les zones de présence détectée du loup depuis 2008.

Les loups n’ont pas été réintroduits en France mais sont revenus naturellement d’Italie où ils n’ont jamais disparu. En effet, leurs caractéristiques biologiques (capacité de déplacement et opportunisme alimentaire) leur permettent de coloniser des territoires éloignés de ceux dont ils sont originaires. Consultez l’historique du loup en France avant et après sa disparition de l’Hexagone.

Le loup est évalué par l’Union internationale de conservation de la nature à trois échelles géographiques. Ainsi, à l’échelle mondiale et européenne, le loup est classé dans la catégorie « Préoccupation mineure » tandis qu’il est classé « vulnérable » en France.

Oui, le loup est une espèce strictement protégée en France et par les traités internationaux ratifiés par la France.
Cela signifie que l’espèce Canis lupus présente un statut réglementaire qui interdit toute atteinte aux individus (morts comme vivants) et aux habitats qu’ils occupent. C’est un statut encadré par des textes européens notamment, engageant l’État français à mener des actions en faveur de l’espèce et à lutter contre toute atteinte pouvant nuire à son état de conservation. Le statut d’espèce protégée prévoit néanmoins un certain nombre de clauses dérogatoires spécifiques qui peuvent être utilisées sous conditions strictes. Pour en savoir plus, consultez la page « Réglementation ».

Le loup est protégé dans la plupart des pays européens (Convention de Berne et Directive Habitats-faune-flore), mais il y a des exceptions, par exemple en Espagne au nord du Douro, en Grèce au nord du 39e parallèle, dans certaines zones en Finlande, et également dans certains pays d’Europe orientale où il possède un statut de protection moindre qui permet de lui appliquer certaines mesures de gestion (et parfois même de le gérer par la chasse – voir la directive Habitats-faune-flore). Dans tous les cas, tous les pays européens auxquels s’applique la DHFF doivent s’assurer de maintenir leur population de loups dans un état de conservation favorable.

Dans les pays hors Europe, le statut de protection du loup et sa gestion sont très variables.

Non, c’est interdit. En effet, le loup est une espèce protégée en France. Toute personne qui tirerait ou piégerait un loup en dehors du cadre légal s’exposerait à une peine délictuelle maximale de deux ans de prison et de 150 000 euros d’amende, ainsi que de peines complémentaires (retrait du permis de chasser, confiscation de l’arme et du véhicule…).

La réglementation qui assure la protection de certaines espèces comme le loup prévoit aussi la possibilité de recourir à des dérogations mais uniquement sous certaines conditions, et notamment dans le but de prévenir des dommages importants à l’élevage.

Les dérogations au statut de protection prévues par l’article L.411-2 alinéa 4 du Code de l’environnement et par l’article 16 de la directive européenne Habitats-faune-flore peuvent être mises en place, notamment à condition qu’elles ne nuisent pas au maintien de la population dans un état de conservation favorable. Dans cet objectif, un arrêté fixe le nombre maximal de loups pouvant être prélevés par dérogation. Ce nombre est déterminé en fonction de l’estimation de la population notamment.

Pour en savoir plus, consultez la réglementation.

En ce qui concerne les attaques de loups sur l’homme en France, il est nécessaire de bien dissocier deux époques :
– jusqu’à la fin du XVIIIe siècle : les attaques du loup sur l’homme sont avérées, la ressource alimentaire pour les loups est faible, en lien avec une déforestation conséquente et une société essentiellement agricole réduisant les proies sauvages. La rage est à l’origine de nombreux cas d’attaque sur humains. De plus, la France connaît encore des périodes d’épidémies et de famines au XVIIe siècle et les cadavres abondent. La France connaissait aussi des guerres permanentes avec leur cortège de blessés et de morts attaqués par des loups anthropophages. Enfin, les effectifs de loups étaient estimés au début du XVIIIe siècle de 3 000 à 7 000 loups (de Beaufort, 1987) ;
– du XIXe siècle à maintenant : le loup disparaît vers les années 1930, on assiste à un changement radical de situation. La guerre de 1914-1918 sonne le glas d’une société agricole et les français quittent les campagnes. La reforestation est en marche et s’accompagne après la Seconde Guerre mondiale du retour des ongulés sauvages. L’augmentation de ces populations va assurer une bonne part de la ressource alimentaire des loups. À partir de 1992, on observe le retour du loup. La rage est éradiquée en France officiellement depuis 2001, ce qui diminue considérablement les risques d’attaques.

D’une manière générale, les loups ont plutôt la crainte de l’homme et les très rares cas d’agressivité rapportés depuis 1992, après un examen rigoureux, apparaissent exagérés. Des mesures permettant le maintien de l’abondance des ongulés sauvages et de la crainte de l’homme doivent perdurer.
Le risque zéro n’existe pas et on ne peut pas écarter le fait qu’un jour un loup déviant soit agressif voire attaque un homme. C’est le cas d’autres espèces animales. Il y a des risques en milieu naturel, et il convient donc de rester prudent, cependant le risque d’une attaque humaine par le loup reste extrêmement faible.

La présence du loup peut attirer un tourisme naturaliste. Elle conforte une image sauvage attribuée aux territoires concernés. Les gestionnaires d’espaces naturels protégés communiquent sur l’espèce et certains guides proposent même de faire des sorties pour tenter d’en observer.
Cependant, de nombreux éleveurs se dotent de chiens de protection afin de dissuader les attaques de loups. Cette présence de chiens de protection sur les alpages peut poser quelques problèmes avec les randonneurs.
Consultez la page de la DREAL dédiée à la problématique des chiens de protection.

Le loup est un élément de la biodiversité. Il se situe au sommet de la chaîne alimentaire (superprédateur). En ce sens, il participe à la régulation des populations de ses proies (ongulés sauvages).
La notion d’utilité d’une espèce est très relative et demeure une vision purement anthropomorphique.

Le loup est un animal discret et craintif de l’homme, toutefois, le loup reste un animal sauvage avec lequel il convient d’adopter une attitude de prudence. La probabilité de croiser un loup est très faible. Si cela devait arriver, il ne faut pas tenter de l’approcher, ni lui permettre de s’approcher de vous (en le nourrissant par exemple). Lors d’une rencontre rapprochée avec un loup, vous devez rester debout et ne pas courir. Calmement mais lentement, reculez-vous sans le quitter des yeux et ne lui tournez pas le dos. Si le loup ne recule pas et agit de manière agressive en levant haut la queue et en grognant, crier et lui jeter des objets, tout en continuant de reculer. C’est lui qui devrait rapidement repartir.
Une fois rentré chez soi, on peut en informer l’ONCFS via le formulaire de contact ou le service départemental de l’ONCFS concerné. C’est également possible en cas de découverte d’un indice de présence , en joignant idéalement des photos avec un repère de taille (mètre, briquet, main…).

Le loup est un animal carnivore, il mange de la viande. Il peut se nourrir de différentes proies en fonction de celle qu’il estimera la plus « avantageuse » selon une analyse coût/bénéfice (énergétique, risque/quantité, qualité…) du contexte. Il s’agit le plus souvent d’ongulés sauvages (chevreuil, chamois, cerf, mouflon, sanglier), qui sont présents en abondance dans nos campagnes, mais également domestiques (moutons, brebis) dont la chasse peut s’avérer parfois plus facile. Pour en savoir plus, consultez la page consacrée au loup .

La part de moutons dans le régime alimentaire du loup est très variable selon les individus, les meutes, leur localisation et les moments de l’année. Cela dépend de la disponibilité en moutons par rapport à la disponibilité en proies sauvages. En moyenne en France, l’espèce se nourrit à 75 % de proies sauvages. Consultez le régime alimentaire du loup.

L’État français a choisi d’indemniser les dommages subis par les éleveurs du fait de la prédation du loup sur les animaux domestiques. Aussi, les moutons et autres animaux domestiques tués par le loup sont indemnisés. Consultez la procédure .

Une meute est un groupe social organisé et territorial (qui vit sur un territoire qu’il défend), composé de trois individus au moins, ou d’un couple avec une reproduction attestée. Une meute comprend en moyenne 4-5 individus en France, mais peut aller jusqu’au double (hors jeunes de l’année à l’issue de la reproduction). La taille et la composition des meutes varient d’ailleurs au cours de l’année en fonction des naissances, des dispersions et de la mortalité. Une meute s’organise autour d’un couple, le mâle alpha et la femelle alpha, qui sont les seuls reproducteurs. Consultez la biologie du loup.

La question de l’hybridation et du statut des hybrides a fait l’objet d’un arrêt de la Cour de cassation (Cour de cassation, chambre criminelle, 29 mars 2000, n° 98-86054, arrêt « Boukobza ») qui a estimé qu’un animal « hybride » ou « mulet », c’est-à-dire issu de l’accouplement entre un individu domestique (espèce domestique) et un individu sauvage (espèce non domestique) appartenant à une espèce protégée, bénéficie du statut de protection applicable au parent ou grand-parent dont le statut est le plus protecteur.
Cependant, la recommandation n° 173 (2014) du Comité permanent de la Convention de Berne, adoptée le 5 décembre 2014, sur les croisements entre les loups gris sauvages (Canis lupus) et les chiens domestiques (Canis lupus familiaris) recommande notamment aux États parties de « prendre les mesures qui s’imposent pour surveiller, prévenir et limiter les croisements entre les loups sauvages et les chiens et, le cas échéant, des dispositions efficaces pour réduire le nombre de chiens sauvages ou errants (installés dans la nature) et pour interdire ou restreindre la possession de loups et d’hybrides du loup et du chien comme animaux de compagnie » et de « promouvoir le repérage des hybrides du loup et du chien circulant dans la nature et de veiller à une élimination, sous le contrôle du gouvernement, de tels hybrides qui seraient présents dans les populations de loup ».

Un rapport parlementaire du 17 avril 2018 sur le loup propose donc de « s’appuyer sur des éléments scientifiques pour définir juridiquement ce qu’est un loup », et ainsi de régler un certain nombre de questions sur les individus hybrides.

L’ONCFS suit le taux d’hybridation dans la population française.

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