Suivi - Indices

Suivi - Indices

Crédit photographique : P. Massit/ONCFS

Le suivi du loup est une mission d’intérêt public qui a été confiée à l’ONCFS par le ministère en charge de l’Écologie. Indépendante des décisions de gestion de l’espèce et de ses impacts sur les activités humaines, cette mission vise à produire un état des lieux de terrain solide afin d’éclairer le processus de décision en matière de conservation et de gestion de l’espèce.

Le suivi des prédateurs tels que le loup est en effet spécifique. Ces espèces sont difficilement observables car elles sont de nature discrète et parce que les individus vivent en faible densité. Leur suivi requiert de recourir à l’observation de signes de sa présence (les indices). Pour ce faire, l’ONCFS anime et participe à un réseau multi-partenarial qui collecte sur le terrain des indices de présence du loup.

Ces indices sont ensuite analysés afin d’obtenir des indicateurs de la répartition et des estimations des effectifs de la population.

Indices de présence

Observation visuelle

Les observations directes de loup sont la plupart du temps rapides, lointaines et avec un animal en mouvement. La difficulté est de bien identifier les critères de détermination du loup et de répondre rapidement à trois questions :

  • Quelle est la taille de l’animal ?
  • Est-ce que j’ai pu observer des contrastes de teintes de pelage ?
  • Enfin, ai-je pu observer les oreilles et/ou la queue ?

    Deux races de chiens peuvent, par méconnaissance, faire l’objet d’une confusion avec le loup : le chien-loup de Saarloos et le chien-loup tchèque. Ces races ont été créées par croisement entre des chiens domestiques et des loups.
Crédit photographique : V. Malon
Crédit photographique : C. Huc (gauche) / réseau Loup-lynx (droite)

Traces

C’est en hiver sur des sols enneigés que la découverte de traces de loups est la plus facile. Un examen rapide de l’environnement autour des traces permet d’identifier d’éventuelles empreintes de chaussures ou raquettes, ce qui fera pencher alors vers la piste du chien. Quand il s’agit d’un loup, l’alignement de la trace doit frapper immédiatement. En effet, la morphologie du loup lui permet de marcher sur un axe unique et de poser ses pattes dans les empreintes des précédentes. C’est la progression « à la queue leu leu ». Le correspondant du réseau Loup-lynx procède ensuite à un examen technique : taille de l’empreinte, du pas…

Crédit photographique : A. Bataille/ONCFS
Crédit photographique : Y. Leonard/ONCFS

Carcasses de proies sauvages

La découverte de carcasses de proies sauvages peut constituer l’un des premiers signes de présence de l’espèce sur un territoire. Dans un premier temps, et si les conditions météorologiques le permettent (neige par exemple), on recherchera des traces d’éventuels prédateurs, ensuite on s’intéressera aux caractéristiques des morsures et à la consommation (localisation, taille…).

Si la carcasse a séjourné plusieurs jours sur le terrain, elle a bien souvent été dégradée par le passage d’animaux charognards (rapaces, renards, corvidés, sangliers), ce qui ne permet pas d’identifier le prédateur en raison de l’absence d’éléments techniques suffisants.

Hurlement

Le hurlement chez le loup a un rôle social fort, dont le plus important reste le marquage du territoire. Ce cri reste difficile à identifier de manière formelle, notamment en raison de la distance à laquelle il est le plus souvent produit, de sa durée et des conditions météorologiques. Le hurlement, lorsqu’il n’est pas déterminé avec certitude, reste un indicateur d’une éventuelle présence de loups, qui restera à confirmer avec d’autres indices.

Les indices biologiques

Excréments, urine, poils et sang ont l’intérêt commun de pouvoir, dans certaines conditions, faire l’objet d’analyses génétiques qui vont répondre à plusieurs questions :

  • Est-ce bien l’espèce loup ?
  • Si oui, quelle est sa lignée ?
  • Quel est son profil individuel ? Le connaît-on déjà ?
  • Cet animal est-il pur ou hybride ?
  • Peut-on établir une filiation ?

Ces indices font l’objet d’une attention particulière. La collecte et le recueil doivent être réalisés dans des règles sanitaires et de conservation très strictes.

Les excréments

La confusion avec des excréments de grands chiens est possible. La variabilité des excréments de loups est assez importante, notamment due à la variabilité de son régime alimentaire. Les caractéristiques assez générales sont la présence de poils et d’os, la forme en étron et l’odeur « sauvage » très marquée : en effet, les excréments servent au loup à marquer son territoire.
Crédit photographique : J.P. Henry/ONF

L’urine

C’est l’hiver, sur des territoires enneigés, que l’on peut en découvrir, dans la plupart des cas sur une piste de loups. Son aspect est jaunâtre. Là aussi la fonction de marquage de territoire est associée à la dépose d’urine.
Urine. Indice de présence du loup.
Crédit photographique : P.E. Briaudet/ONCFS
Sang. Indice de présence du loup.

Le sang

On en découvre rarement. Il résulte généralement de deux cas : une blessure ou des pertes sanguines liées à la période d’œstrus de la femelle.
Crédit photographique : T. Chevrier

Les poils 

Ils sont laissés par les loups lors de passage dans des buissons, sous des barbelés ou lors d’attaques. Plutôt droits, parsemés de plages de couleurs et fins, ils ne peuvent être confondus avec des poils d’ongulés (crénelés). Seule la présence du bulbe sur le poil permet l’analyse génétique.
Poils. Indice de présence du loup.
Crédit photographique : Y. Leonard/ONCFS

Les fiches indices 

Les fiches indices recueillies par les correspondants du réseau Loup-lynx (personnes volontaires appartenant à tous les secteurs de la population) sont transmises à l’animateur régional du réseau, agent de l’ONCFS présent dans chaque région. Les fiches sont d’abord analysées afin de vérifier le respect du protocole établi pour la collecte d’indices, puis les indices sont évalués au regard du nombre et de la cohérence des critères relevés. Une fois validés, les indices de présence servent à élaborer des indicateurs nationaux de tendance qui permettent d’évaluer le statut de conservation du loup et d’adapter les mesures de gestion et de protection des troupeaux.

Crédit photographique : P. Massit/ONCFS