Situation du loup en France

Situation du loup
en France

Crédit photographique : J. L’Huillier/ONF
En France, la population de loups fait l’objet d’un suivi annuel. L’OFB est responsable de l’organisation de ce suivi, du recueil et de l’analyse des données ainsi que de la publication des résultats. Le suivi de la population de loups en France a été mis en place depuis la première confirmation de la présence de l’espèce en 1992, tout d’abord localement via le Parc national du Mercantour, puis, à partir de 1994, par un réseau multi-partenarial piloté par l’ONCFS (actuel OFB) à l’échelle nationale.

Présence actuelle sur le territoire

Espèce discrète, et vivant en faible densité, comme tous les grands carnivores, le loup est rarement vu en direct.
Le suivi du loup repose donc sur la recherche d’indices de sa présence sur le terrain.

La répartition du loup
en France

Les données collectées et analysées sur tout le territoire français permettent au réseau Loup-lynx de réaliser le bilan de détection de présence de l’espèce. Si le fait de trouver un indice indique que l’espèce est présente, en revanche ne pas en trouver n’assure pas pour autant son absence ! Cette carte représente donc la détection géographique minimale de l’espèce sur le territoire. Le suivi et la méthode utilisée permettent de classer les mailles en présence régulière ou occasionnelle.
Consultez l’évolution de ces cartes de détection de présence de l’espèce au cours du temps sur le portail de l’OFB « Carmen ».

Les zones de présence permanente (ZPP)

Un suivi plus intensif sur les secteurs de présence régulière permet d’identifier la présence de loups sédentarisés. À la sortie de l’été 2019, le réseau Loup-lynx estime que la population de loups en France s’étend sur 97 zones dites « de présence permanente » (ZPP) où il y a des loups sédentarisés, dont 80 constituées en meutes. Le bilan complet ici.

Cartographie schématique des zones de présence du loup en France – Situation en sortie d’été 2019

Comme toutes les populations d’animaux sauvages, la population de loups ne peut pas être comptabilisée de manière exhaustive.
C’est pourquoi nous parlons d’estimation. Comme la méthode utilisée est toujours la même, le plus intéressant finalement est d’en suivre les variations.
Celles-ci nous renseignent sur la tendance d’évolution de la population (la courbe ci-dessous étant actualisée annuellement à la sortie d’hiver).

Évolution démographique
de la population de loups

Les analyses génétiques combinées à des méthodes statistiques permettent de calculer une estimation des effectifs. À la sortie de l’hiver 2018-2019, le réseau Loup-lynx estime que la population de loups en France compte environ 530 individus (intervalle de prédiction par modèle mathématique : 477-576).

Estimation du taux d’hybridation (loup/chien) de la population

Les analyses génétiques couplées à des modèles statistiques permettent d’obtenir un taux d’hybridation de la population. Des centaines de loups ont été identifiés individuellement. Les résultats d’une étude menée par l’ONCFS en 2017 (actuel OFB), montrent qu’en France le taux d’hybridation dans la population de loups est de l’ordre de 2,5 % pour l’hybridation récente et 6 % pour l’hybridation plus ancienne. Ces pourcentages sont conformes à ceux relevés dans d’autres pays d’Europe.

Ces résultats (aire de présence détectée, zones de présence permanentes, estimation des effectifs, taux d’hybridation) sont le fruit d’un travail important de collecte et d’analyse d’indices de présence, réalisé par le réseau Loup-lynx piloté par l’OFB et les laboratoires d’analyses génétiques successifs sélectionnés par l’OFB selon le code des marchés publics.

Historique

Loup en captivité. © P.Massit / ONCFS.
Crédit photographique : P. Massit/ONCFS

Présence historique du loup

Les documents d’archives indiquent que le loup était historiquement présent dans toutes les campagnes françaises. L’impact qu’il représente déjà à l’époque, sur l’élevage particulièrement, fait de lui un ennemi public, et les moyens sont développés pour le chasser, avec notamment des primes à l’abattage attractives. Au XIXe et au XXe siècles, le loup n’occupe plus que la moitié de son territoire historique. Les hommes le chassent, l’empoisonnent et réduisent son habitat par une déforestation importante. En 1937, la population est considérée comme éradiquée (thèse de F. de Beaufort, 1984).

C’est 50 ans plus tard, avec les préoccupations de protection et de conservation des espèces, que le loup obtient le statut d’espèce protégée au niveau européen. Ces textes interdisent sa destruction mais des dérogations sont néanmoins prévues en cas de dommages jugés importants (voir sa réglementation). Parallèlement, les forêts regagnent du terrain et les proies du loup redeviennent abondantes. Ce changement de contexte qui se produit en moins d’un siècle se révèle très favorable au retour de l’espèce sur le territoire français, comme sur l’ensemble de l’Europe occidentale.

Le loup n’a jamais complètement disparu d’Italie (région des Abruzzes, au centre du pays) et, profitant de la cette évolution du contexte juridique et environnemental, l’espèce progresse naturellement, en particulier vers le nord et le massif alpin.

Retour progressif du loup
en France

En 1992, un premier couple de loups est observé en France, dans le parc national du Mercantour (06).
Dès lors, le suivi de l’espèce est mis en place et permettra de documenter son expansion.
Cette croissance de la population de loups s’inscrit plus globalement dans la croissance de l’espèce en Europe. L’OFB participe d’ailleurs à son suivi à l’échelle européenne.

Carte de détection de l’espèce à l’échelle européenne en 2016 –  Source : Large carnivore initiative for Europe